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10 000 amputations du pied diabétique :
le ministère de la Santé refuse d’agir !
10 000 amputations du pied de diabétiques
Chaque année en France, 10 000 patients diabétiques subissent une amputation du pied.
Une commission créée par Bernard Kouchner a proposé des solutions qui réduiraient ces drames humains et ce gâchis économique.
Le
11 septembre, le ministère de la Santé a annoncé l’ajournement des
mesures pourtant approuvées par la commission de la nomenclature.
Cette
attitude est profondément choquante et attentatoire aux intérêts des
patients diabétiques gravement menacés. la Fédération nationale des
podologues tient à dénoncer avec la plus grande fermeté l’attitude du
ministère de la santé et demande la mise en oeuvre immédiate du
dispositif.
Après
la crise sanitaire qui a coûté la vie à près de 12 000 personnes âgées,
crise où l’imprévoyance et le manque de réactivité avaient leur part,
peut-on accepter de voir encore dans les 12 mois qui viennent 10 000 de
nos compatriotes être amputés de leur pied parce que les pouvoirs
publics entendent maîtriser, à leur rythme, administrativement et
budgétairement, des solutions à notre portée.
Si
le ministère de la Santé persistait dans les positons annoncées par sa
représentante le 11 septembre, la Fédération Nationale des Podologues
s’engage à mettre en place une évaluation des drames humains qui lui
seraient imputables et à en rendre compte à l’opinion publique. Elle
alerte par ailleurs le Président de la République et le Premier
Ministre sur ce grave dysfonctionnement et les immenses préjudices dont
le ministère de la Santé serait seul responsable.
La
gravité du diabète provient essentiellement de ses complications à long
terme qui sont source de handicaps, d’incapacités et d’une altération
de la qualité de vie. Le diabète de type 2 pouvant par ailleurs rester
longtemps ignoré, il n’est pas rare que le diagnostic en soit fait
devant l’une de ces complications.
Parmi ces complications,
les neuropathies périphériques sont fréquentes et concernent environ 50
% des patients après 15 ans d’évolution. Elles entraînent une
diminution de sensibilité qui se manifeste surtout au niveau des pieds
(car c’est à cet endroit que les nerfs sont les plus éloignés de leur
racine et donc les plus fragiles). Le danger vient d’une perte de la
sensibilité à la douleur et à la chaleur qui fait qu’on marche sans
s’en apercevoir avec des chaussures étroites ou blessantes ou qu’on ne
fait pas attention à un durillon ou un ongle incarné, ou même qu’on se
brûle, etc...
De ce fait, chez le patient diabétique, le risque d’amputation des membres inférieurs est multiplié par 10 à 15.
La
plupart de ces complications pourraient être évitées par un dépistage
systématique du risque de lésion et une prévention adaptée chez les
sujets reconnus comme étant à risque suite à ce dépistage. La
consultation régulière d’un podologue est une nécessité impérative.
Un enjeu de santé publiqueLe
traitement du “pied diabétique” est ainsi devenu un enjeu de santé
publique afin d’éviter ou de limiter le chiffre inacceptable de 10 000
amputations en France, chaque année pour un coût de près de 75 millions
d’euros (le coût d’une amputation est estimé au salaire annuel de deux
infirmières).
C’est pourquoi le plan Santé Diabète,
annoncé le 9 novembre 2001 par Bernard Kouchner, comportait des
dispositions visant à améliorer la prise en charge du pied diabétique.
Un groupe de travail et de réflexion a été mis en place sous la
présidence du Pr Passa, chef du service de diabétologie de l’Hôpital
Saint-Louis, à Paris. Ses conclusions ont été rendues en septembre
2002, demandant au gouvernement de s’engager dans une stratégie globale
avec un dépistage précoce portant sur 250 000 diabétiques qui
bénéficieraient d’un bilan annuel et de 5 séances de soins. De ce fait,
les podologues se sont engagés dans un plan national de formation
spécifique sur le pied diabétique coordonné par la Fédération nationale
des podologues. Celle-ci envisageait de signer une convention avec
l’Assurance maladie pour permettre l’accès des patients au
remboursement.
Le 11 septembre 2003, ce dossier aux conséquences
humaine et économiques considérables a été examiné par la commission de
la nomenclature, aux fins de côter les actes correspondants et de
valider le dispositif. La commission a émis un avis favorable pour la
mise en oeuvre d’un forfait annuel de prise en charge.
Mais, la
représentante du ministère a déclaré que cette démarche de santé
publique ne serait pas mise en oeuvre dans les délais annoncés.
Pendant combien d’années les diabétiques devront-ils subir autant d’amputations ?
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